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Jean-François PELLERIN
30 janvier 2026
Un nouveau souffle pour le diplôme d’État de médiateur familial

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Un nouveau souffle pour le diplôme d’État de médiateur familial

Un total de 1.818 diplômes d’État de médiateurs familiaux ont été attribués entre 2006 et 2024, soit une moyenne de 100 par an depuis 2007. Or ce chiffre de 100 diplômes par an en moyenne est également observé entre 2020 et 2024, ce qui indique que la formation des médiateurs familiaux est actuellement parfaitement stable... Paradoxalement, les personnes qui ont obtenu ce diplôme en sont manifestement très satisfaites. Le diplôme ouvre en effet l’accès à une activité de médiation familiale d’une grande richesse et d’une incontestable utilité sociale. Comment expliquer alors que les formations ne rencontrent pas un intérêt grandissant ? C’est ce que nous allons essayer de comprendre dans les lignes qui suivent.

Contenu, durée, taux de réussite et niveau de la formation

Le DEMF sanctionne l'assimilation de la posture de tiers et de la pratique de la médiation familiale, avec l'acquisition des notions de droit, de psychologie et de sociologie utiles au domaine familial. Ce diplôme requiert également une action de communication, un stage pratique dans un service de médiation familiale, et un mémoire d’initiation à la recherche. Ces enseignements théoriques et pratiques représentent un total de 595 heures de formation.

L’ensemble de cette formation demande un investissement de temps important, sur une durée de 2 ans. Le coût de cette formation est, de plus, compris entre 7 000 € et 9 000 €. Le taux de réussite du diplôme est passé, de 50% en moyenne, entre 2007 et 2017, à un niveau proche de 75%, depuis 2018. Ainsi, si le nombre de diplômes est stable, ce serait plutôt le nombre d'étudiants qui est en décroissance… Notons enfin que la proportion moyenne de femmes parmi les diplômés est de 91%.

L’accès au DEMF requiert un diplôme de niveau 5 (Licence) en social, sanitaire ou paramédical, ou un diplôme de niveau 6 (Master 1) en juridique, sociologie ou psychologie. A sa sortie, c’est actuellement un diplôme de niveau 6 (Master 1). Cela ne représente donc aucune progression du niveau académique pour ceux qui sont déjà au niveau 6 et une faible progression pour ceux qui sont de niveau 5, en regard des 2 ans que dure la formation.  On peut ainsi comprendre que cette formation n'ait pas toujours les faveurs des financeurs d'une reconversion professionnelle.

Perspectives professionnelles pour les diplômés

Le travail des médiateurs et médiatrices familiaux est marqué par le caractère complexe et systémique des situations traitées, et par l’importance des enjeux et de la tension qui accompagne généralement ces situations conflictuelles. C’est notamment vrai dans la plupart des situations de séparation ou de divorce, dans lesquelles des enfants sont impliqués. C’est également vrai dans les situations qui impliquent des adolescents, ou celles qui impliquent des fratries dans le contexte de perte d’autonomie d'un aîné, ou de successions difficiles. Toutes ces situations demandent beaucoup d’équilibre personnel et d’expérience. Elles exigent également un investissement constamment renouvelé de travail sur soi, de savoir-être et de formation continue.

Ce diplôme ouvre deux types de débouchés professionnels, un travail en statut salarié en structure associative conventionnée par la CNAF, ou un travail en statut libéral. Les structures associatives connaissent des difficultés structurelles de financement qui les conduisent à ne proposer que des salaires modestes et des temps souvent partiels. De plus, ces postes ne pas toujours rattachés à une convention collective.

De leur côté, les médiateurs et médiatrices installées en libéral sont confrontés à une vive concurrence de la part des structures associatives financées par la CNAF, dont les tarifs sont très inférieurs à ce qui est nécessaire pour assurer une rémunération correcte en exercice libéral. Dans les deux statuts d’exercice possibles en médiation familiale (salarié ou libéral), les perspectives de rémunération des médiateurs et médiatrices familiaux sont donc difficiles.

Par ailleurs on peut observer l'émergence de besoins connexes concernant les familles. Il s'agit notamment de l'audition d'enfants, de la coordination parentale pour le haut conflit et du traitement des violences intrafamiliales. Il est encore difficile de quantifier le volume correspondant à ces besoins, mais il semble que les situations où des violences intrafamiliales sont alléguées représentent dans certains territoires un tiers des situations de séparation.

Ces besoins connexes sont exprimés ou relayés par les acteurs de la justice. Ils peuvent susciter des réserves du côté de la branche famille de la Sécurité sociale, voire des médiateurs familiaux. Mais il convient de s'interroger sur ces besoins, car ils sont susceptibles d'intéresser également d'autres professions en quête de relais de croissance.

Rendre plus attractif ce diplôme d’État

Pour rendre ce diplôme plus attractif, il faudrait idéalement agir sur trois axes :

  • offrir de meilleures rémunérations
  • développer la médiation familiale
  • revaloriser le niveau du diplôme

Offrir de meilleures rémunérations

La rémunération est bien sûr un critère majeur d’attractivité d’une activité. Or la situation économique des médiateurs familiaux, comme nous l'avons vu, est difficile en termes de rémunérations. Ceci nous semble lié aux modalités particulières du subventionnement de la médiation familiale par la CNAF et la Justice. Ce subventionnement doit donc faire l'objet d'échanges spécifiques avec ces acteurs et ne sera donc pas discuté ici. On retiendra que les médiateurs sont conduits à trouver l’essentiel de leur motivation dans leur utilité sociale.

Développer la médiation familiale

La médiation familiale connaît aujourd'hui une période de stagnation surprenante. Comme nous l’avons montré dans cet article consacré à l'analyse des chiffres 2024 de la CNAF, le nombre de médiations familiales terminées chaque année n’a pas connu de progression depuis 2018. Elle se situe en 2024 à 24.000 médiations, dont 18.000 relatives aux séparations, à comparer aux 425.000 séparations conjugales et aux 60.000 modifications des dispositions prises lors d'une séparation. Ainsi, la proportion des affaires, liées aux séparations et traitées en médiation, s'établit à 3,7%. Le nombre d'enfants concernés est de 380.000 pour les séparations et de 100.000 pour les modifications, soit un total de 480.000. C'est un enjeu social considérable quand on sait à quel point une situation familiale stable conditionne l’existence et le comportement futurs d’un enfant… L’importance de la médiation familiale pour un traitement humain et durable des situations de séparation-divorce est largement validé depuis 20 ans. Il y a donc un potentiel de développement considérable, peut-être une multiplication par 4 des médiations traitées chaque année. Mais suppose aussi des financements plus conséquents.

La Justice a adopté en juillet 2025 une nouvelle rédaction du Code de procédure civile, qui semble plus incitative au règlement amiable des litiges. Ces dispositions semblent aller dans le sens d’un développement de la médiation familiale, mais il est encore trop tôt pour savoir dans quelle mesure, alors que ces évolutions ne s’accompagnent pas, à ce stade, d’une croissance des financements.

Revaloriser le niveau du diplôme au niveau 7

Aujourd’hui le DEMF ne permet pas une progression de niveau cohérente avec l’investissement en temps et en argent qu'il exige. Le nombre d'heures associé à ce diplôme n'est pas suffisant pour justifier un niveau 7. Cela peut donc à la fois décourager les personnes qui envisagent cette formation, et aussi démotiver les financeurs de formation professionnelle. Ce financement est pourtant décisif lors de l'orientation vers la médiation familiale.

Le niveau de responsabilité des médiateurs familiaux justifierait amplement une telle revalorisation. Permettre à des personnes en plein conflit de retrouver une forme de dialogue et d'élaborer entre eux des solutions durables au profit de leurs enfants ou de leurs parents, est une action tout à fait singulière, non substituable. A ce sujet, il est éclairant de se référer à ce point de vue publié par le Kluver Mediation Blog :

Ce rôle exige du médiateur bien plus qu'une simple maîtrise technique, qu'elle soit procédurale, juridique ou communicationnelle. Il requiert la capacité d'opérer au niveau du raisonnement pratique, c'est-à-dire à l'intersection des faits, des valeurs, du langage et de l'action. Alors même qu'il ne tranche pas le fond du conflit, le médiateur influence de manière décisive la façon dont ce conflit est compris, relaté et transformé.

Cette revalorisation, qui fait l'objet d'une demande constante des associations de médiateurs familiaux depuis des années, serait pleinement justifiée par un complément de formation des médiateurs à un ou plusieurs domaines connexes, tels que l’entretien motivationnel, la coordination parentale de haut conflit, l’audition d’enfants, ou l’évaluation de situations de violence intrafamiliale. On doit également envisager un complément d’apprentissage de l’anglais, pour satisfaire les exigences européennes et s'ouvrir aux médiations transnationales.

Les techniques utilisées en entretien motivationnel, en coordination parentale, lors de l’audition d’enfants ou dans une situation de violence sont complémentaires de celles des médiateurs familiaux. Sur ces sujets, il est donc possible d’ajouter plusieurs modules de formation au cursus existant du DEMF. Le contenu du DEMF serait ainsi complété jusqu'à valoriser ce diplôme au niveau 7. Il serait intéressant aussi de réfléchir à un nouveau nom pour ce diplôme, tenant compte de l’extension des interventions qu’il permet de réaliser…

Le niveau supérieur obtenu avec ce diplôme permettrait alors de justifier plus aisément son financement par les organismes de la formation professionnelle, telles que France Travail et Transition Pro. Elles renforceraient ainsi significativement l'attractivité du diplôme d'État.

En conclusion

C’est le développement de la médiation familiale, hélas totalement dépendante de son financement public, qui conditionne le besoin en médiatrices et médiateurs familiaux, et in fine conduira ou non à une progression des effectifs annuels du DEMF. Si ce développement devait avoir lieu, ce que souhaitent tous les diplômés, le DEMF dispose d’un large potentiel d’évolution, de nature à renforcer significativement son attractivité.

Illustration Alena Shekhovtcova - Pexels

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